France 3 © TETSU JOKO / Yomiuri

Lancée le 29 novembre dernier sur la piste d’Östersund avec le relais féminin, la saison de biathlon a été marquée par la volonté des athlètes de participer aux Jeux Olympiques de Milan-Cortina. Du 6 au 22 février, les athlètes français tenteront de répéter leurs performances pour espérer décrocher l’or olympique sur la piste historique d’Anterselva.

158 athlètes ont été sélectionnés par la délégation française pour les Jeux Olympiques d’hiver soit presque le double qu’en 2022. La discipline qui comptera le plus de sportifs sera le hockey sur glace avec un peu moins de 50 athlètes. Derrière, le biathlon, le ski alpin, le ski de fond ainsi que les sports de glace compteront chacun une quinzaine d’athlètes dans leurs rangs. Malgré de nombreux espoirs, la fédération française de biathlon ne peut sélectionner que six femmes et six hommes pour concourir. Parmi eux, seuls quatre de chaque genre pourront être alignés au départ des épreuves. La concurrence est rude puisque, depuis le début de la saison, de nombreux athlètes ont montré qu’ils avaient leur place.

Le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) a dû faire un choix. Neuf athlètes ont d’abord été annoncés le 23 décembre puis 3 autres le 20 janvier, venus compléter définitivement la sélection. Du côté des femmes, Justine Braisaz-Bouchet, Lou Jeanmonnot, Océane Michelon, Julia Simon, Camille Bened ainsi que Jeanne Richard représenteront le biathlon français. Du côté des hommes, il s’agira de Fabien Claude, Quentin Fillon-Maillet, Emilien Jacquelin, Éric Perrot, Emilien Claude et Oscar Lombardot. Ils seront les principaux espoirs du biathlon.

L’excellence du biathlon tricolore face aux défis

Alors qu’elle ne compte que 600 à 700 licenciés, la fédération française de biathlon parvient tout de même à former d’excellents sportifs. L’Equipe, principal diffuseur gratuit de la discipline, réalise depuis le début de la saison d’importantes audiences. En moyenne, la chaîne est regardée par 1,1 million de téléspectateurs, faisant du biathlon l’une des disciplines sportives hivernales les plus suivies. Cette attraction peut s’expliquer par son dynamisme à l’écran rempli de suspense et d’exigence. Avant une course, il est impossible de savoir qui va l’emporter. Entre la partie sur les skis, le tir debout ou le tir couché, une erreur peut être fatale et relancer complètement l’issue. Il s’agit également d’un sport ambivalent qui demande de l’endurance et de la rapidité sur les skis ainsi que de la précision et du calme pour les tirs. 

La discipline la plus regardée est celle qui rapporte le plus de médailles à la fédération olympique française. Lors des Jeux Olympiques de Beijing en 2022, 14 médailles ont été remportées par les athlètes français. Parmi elles, la moitié a été décrochée par des biathlètes dont 3 en or et 4 en argent. Ces résultats s’expliquent par l’excellente formation proposée aux athlètes au quotidien. Des entraîneurs pour la course ainsi que des entraîneurs pour le tir sont proposés aux biathlètes féminins et masculins.

Malgré ce dynamisme, des « affaires » internes au sein de l’équipe féminine ont été dévoilées au grand public. Sur Eurosport, Quentin Fillon-Maillet expliquait que « le groupe des filles a toujours été plus compliqué à gérer que le groupe des garçons ». Il y a eu des suspicions de sabotage de carabine et des vols. Julia Simon a été condamnée par la justice française pour « vol et fraude à la carte bancaire ». Elle a été suspendue six mois dont cinq avec sursis. Ces scandales ont nui à l’image de l’équipe et sûrement à son entente interne. Cependant, cela ne se fait pas ressentir dans les résultats et l’équipe féminine continue de performer sur le relais. 

Des talents tricolores prêts à conquérir l’or olympique

Pour faire briller l’équipe de France, les athlètes concourent du 8 au 21 février et disputent 11 courses. Les athlètes féminines comme les athlètes masculins participeront à des épreuves typiques de la discipline telles que le relais mixte, le relais, l’individuel, le sprint, la poursuite et le départ groupé. Que ce soit du côté des femmes ou de celui des hommes, tous les athlètes sélectionnés ont une chance de remporter une médaille. 

Lou Jeanmonnot, favorite chez les femmes. En tête du classement général, Lou apparaît comme la grande favorite de cette compétition. Sur la piste, la maillot jaune montre une forme physique et une précision de tir impressionnantes. Depuis la reprise, elle a décroché la première place à 6 reprises lors de différentes courses. Elle compte actuellement 848 points soit 202 points de plus que la Suédoise Minkkinen, deuxième. D’autres Françaises peuvent également croire au rêve olympique et décrocher une médaille. C’est le cas notamment de Justine Braisaz-Bouchet qui a mené l’équipe de France à la victoire lors des derniers JO en Chine. Cette saison, elle a fini sept fois sur le podium et a réalisé des performances encourageantes qui lui permettent d’être neuvième au classement général. D’autres Françaises, plus discrètes, créent également la surprise. Camille Bened, deuxième meilleure Française au classement général (8e), a réalisé de belles performances lors de la coupe du monde d’Östersund et de Ruhpolding. Océane Michelon et Jeanne Richard se positionnent respectivement à la 11e et à la 17e place du général. La position de Julia Simon est plus complexe. Elle apparaît comme une favorite et un pilier de cette équipe mais ses résultats ne reflètent pas son classement en raison de sa suspension. Elle n’a été alignée sur les courses qu’à partir du 12 décembre et pointe à la 12e place du général. Lors de la dernière mass-start de Nove Mesto, quatre Françaises étaient dans le top 5. Avec tous ces talents, le relais féminin français pourrait bien décrocher une belle médaille olympique… 

Chez les hommes, Éric Perrot est premier du classement général masculin avec 834 points. Il est le principal espoir de cette équipe. Depuis le début de la saison, il n’a pas fini une seule fois en dehors du top 10 et a même remporté cinq courses. A ses côtés, Quentin Fillon-Maillet représente l’expérience de cette équipe. Âgé de 33 ans, il a déjà remporté huit titres dont deux olympiques. Les JO de Milan-Cortina sont l’occasion pour lui d’affirmer son statut et de confirmer sa 5e place au général malgré des performances en dessous de ses capacités habituelles. Emilien Jacquelin est le troisième meilleur Français au général avec 474 points (8e) Ses bons classements sont contrastés par des contre-performances comme à Oberhof où il finit 68e sur le sprint. Fabien Claude, Emilien Claude et Oscar Lombardot viendront compléter cette équipe masculine. Oscar Lombardot est le petit poucet de cette équipe. Il réalise une bonne saison bien que ses résultats soient en dessous de ceux de ses partenaires. Il a montré qu’il avait sa place dans cette équipe en réalisant le 10/10 au tir à Ruhpolding ce qui a permis de reclasser l’équipe de France après un mauvais début de Fabien Claude. Ce dernier se montre assez irrégulier cette saison. Fort sur les skis, il est souvent obligé d’utiliser des balles de pioche ou de réaliser des tours de pénalités ce qui lui fait perdre des places précieuses au classement. Emilien Claude est « l’outsider » de cette équipe. Il n’a réalisé que huit courses cette saison et n’avait pas fait mieux qu’une 26e place à la poursuite à Ruhpolding avant de réaliser trois courses prometteuses à Nove Mesto. Il finit 6e au 15km, 2e au relais simple et 6e à la mass-start. Moins prometteurs que l’équipe féminine, les biathlètes masculins pourraient bien nous réserver des surprises…

D’autres disciplines tricolores prêtes à briller sur les podiums italiens

Laurence Fournier Beaudry et Guillaume Cizeron lors du programme libre des championnats d’Europe de danse sur glace, à Sheffield (Royaume-Uni), le 17 janvier 2025.  

© IAN HODGSON / AFP

Du côté du slalom en ski alpin, Clément Noël est un atout majeur de la délégation tricolore. Médaillé d’or aux Jeux Olympiques de Beijing en 2022, il réalise un excellent début de saison. Il a d’abord décroché la deuxième place à Levi et à Alta Badia et a concrétisé son entraînement en l’emportant à Madonna di Campiglio.

En ski acrobatique, la Française Perrine Laffont est six fois championne du monde des bosses et des bosses parallèles. Son impressionnant palmarès, avec notamment 33 victoires en coupe du monde et un titre de championne olympique en 2018 à Pyeongchang, fait de Perrine Laffont une prétendante majeure au titre olympique. Cependant, sa saison 2025-2026 a été perturbée par une blessure au genou en décembre ce qui l’a empêchée de s’entraîner comme elle l’aurait voulu. Malgré une reprise des entraînements depuis le début de l’année, sa participation reste encore incertaine. Ce serait un gros coup dur pour elle et pour l’équipe de France.

Toujours chez les femmes, Emily Harrop s’illustre en ski-alpinisme. Elle réalise un début de saison prometteur en remportant le premier sprint à Courchevel lors de la Coupe du monde. Très efficace en relais mixte, elle pourrait remporter une deuxième médaille avec son partenaire sportif Thibault Anselmet. Ce dernier s’illustre également en individuel où il finit à la deuxième place du sprint de Courchevel. Confiant, il expliquait à Olympics que sa « préparation s’est vraiment bien passée », de bon augure à quelques jours des Jeux Olympiques.

L’équipe de France a toujours réalisé de bons résultats en patinage artistique. Pour ses premiers Jeux Olympiques avec sa nouvelle partenaire Laurence Fournier Beaudry, Guillaume Cizeron affirme avoir totalement confiance en son binôme. Ils ont décroché l’or aux championnats d’Europe de 2026 et comptent bien réitérer leur performance lors des JO de Milan-Cortina. La concurrence sera accrue face aux autres nations qui elles aussi souhaitent décrocher le tant convoité or olympique.

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