Le 4 décembre dernier, l’Union européenne de Radio-Télévision (UER) a annoncé le maintien de la participation d’Israël à l’Eurovision 2026. Depuis, déjà 5 pays ont annoncé leur boycott de l’événement. 

© Appel au boycott par des manifestants pro-palestiniens devant les studios de la chaîne publique irlandaise RTE, à Dublin le 1er novembre 2025 – Reuters

L’UER et la neutralité supposée

Le concours Eurovision de la chanson 2026 se tiendra les 12, 14 et 16 mai 2026 à Vienne en Autriche. L’évènement annuel organisé par l’UER consiste en une compétition musicale entre ses membres, diffusée en direct et en simultané par les diffuseurs participants. Lors de la finale, le public peut voter pour le pays de son choix et s’y ajoutent les votes de jurys professionnels. Le pays ayant remporté le plus de voix gagne alors le concours. 

Le 4 décembre, une assemblée générale de l’UER se tenait à Genève en Suisse. Un premier vote est alors effectué sur le renforcement des règles de neutralité du concours. Si le vote ressortait majoritairement pour, il était convenu qu’aucune considération sur la participation d’Israël aurait lieu. La majorité ayant été obtenue, Israël n’a pas été remis en cause.

Le président d’Israël Isaac Herzog a affirmé dans un communiqué du 4 décembre qu’Israël « mérite d’être représenté sur toutes les scènes du monde ». Une affirmation qui ne fait pas l’unanimité chez les pays participants habituellement. 

Le boycott comme contestation

Les radiodiffuseurs de quatre pays avaient dès lors annoncé le boycott de l’événement. Ils avaient déjà prévenu plus tôt dans l’année qu’une participation d’Israël les pousserait à se retirer du concours. Ils s’agissaient de la Slovénie, l’Espagne, les Pays-Bas ainsi que l’Irlande. Le 10 décembre, l’Islande s’est finalement ajoutée à la liste. 

Les pays évoquent notamment trois raisons qui les poussent à boycotter l’événement. La première citée est la situation dans la bande de Gaza ainsi que la pression qui pèse sur la liberté de la presse. D’autres évoquent également l’implication politique dans la dernière édition du concours par le gouvernement d’Israël pour influencer les votes. L’an passé, une agence gouvernementale israélienne avait donné des instructions détaillées au public pour voter un maximum de fois. Toutefois, ces instructions ne sortaient pas des règles imposées par l’UER. 

Taco Zimmerman, directeur général du radiodiffuseur néerlandais AVROTROS, interrogé par le média néerlandais EenVandaag a déclaré : « Ce que j’ai remarqué c’est que beaucoup ont du mal avec ce qui se passe à Gaza mais ils disent que c’est une compétition entre artistes. Je trouve ça compliqué [sous-entendu : de penser comme ça] parce que derrière chaque artiste, il y a un drapeau et derrière chaque drapeau, il y a un pays ». Il ajoute également : « S’il y a quelqu’un qui rend cette compétition musicale politique, avec tout mon respect, c’est bien Israël ».  

Le secrétaire général de RTVE, le radiodiffuseur du concours en Espagne, a expliqué que « la situation à Gaza et l’utilisation du concours à des fins politiques par Israël complique de plus en plus la possibilité qu’Eurovision reste un événement culturel neutre ».

« United by Music » sauf quand la politique s’en mêle

L’UER souhaite la neutralité de l’évènement et l’union autour de la musique comme l’indique son slogan « United by music ». Oranie Abbes, chercheuse indépendante et spécialiste de l’Eurovision reçue par Radio France le 5 décembre, explique : « à partir du moment où l’Europe est de nouveau traversée par des crises, il est évident que ces grands conflits se retrouvent dans les grands événements internationaux comme l’Eurovision ». Malgré la volonté de l’UER d’en faire un événement neutre, l’Eurovision demeure la scène où se rejouent les tensions européennes. 

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