Ce dimanche s’est clôt la saison 2025 de tennis avec le sacre de l’Italie en finale de la Coupe Davis, l’équivalent de la coupe du monde pour le tennis masculin. L’occasion de se replonger dans les moments forts d’une année très riche, entre déceptions, révélations et confirmations, chez les femmes comme chez les hommes.

De décembre 2024 à novembre 2025, une poignée des meilleur(e)s joueuses et joueurs de tennis au monde s’affronte dans les plus grands tournois du circuit chaque semaine. Des États-Unis à la Chine en passant par l’Australie et la France par exemple, une année de tennis recouvre le monde entier, entraînant parfois quelques critiques sur l’empreinte carbone liée aux déplacements occasionnés. Cela donne l’opportunité à des fans des quatre coins du globe de se retrouver pour partager leur passion du sport.

Avant de revenir sur la saison 2025 de tennis, il est nécessaire de comprendre son fonctionnement. Elle est rythmée par les quatre tournois du Grand Chelem, ceux qui offrent le plus de points au classement. On retrouve ensuite les tournois ATP chez les hommes et WTA chez les femmes, du nom des deux organisations qui gèrent le tennis mondial. Les tournois sont hiérarchisés de la manière suivante : on compte 9 tournois appelés « Masters 1000 » et 10 « WTA 1000 », puis les tournois « ATP 500 » et « WTA 500 » et enfin une quarantaine de tournois « ATP 250 » et « WTA 250 ». La saison se termine en apothéose avec le Masters, féminin puis masculin, qui voit s’affronter les huit meilleur(e)s joueuses et joueurs du monde. Il y a aussi deux compétitions majeures par équipe : la Coupe Davis chez les hommes et la Billie Jean King Cup chez les femmes qui regroupent l’ensemble des nations du tennis mondial. 

Un duo au sommet du tennis masculin 

7. C’est le nombre de finales que se sont disputées Carlos Alcaraz et Jannik Sinner, respectivement n°1 et n°2 au classement mondial. Ce chiffre est représentatif de la surdomination des deux hommes sur le circuit. L’un est italien, d’abord passé par le ski alpin dans la région montagneuse du Trentin, l’autre est espagnol, comparé à la légende Rafael Nadal depuis son plus jeune âge. Les deux hommes n’ont pourtant pas connu la même trajectoire cette année. En effet, après avoir remporté l’Open d’Australie, le premier Grand Chelem de la saison en janvier, Jannik Sinner s’est vu infliger une suspension de trois mois après un test antidopage positif au clostebol. À peine revenu, il enchaîne une finale au Masters 1000 de Rome et une finale à Roland Garros, les deux perdues face à son adversaire espagnol. Ils se sont partagés les quatre titres du Grand Chelem : l’Open d’Australie et Wimbledon pour Sinner et Roland Garros et l’US Open pour Alcaraz.

Si l’on devait élire leur plus bel affrontement, ce serait cette finale de Roland Garros le 8 juin, certainement le match de la saison. Légende du tennis avec 24 titres du Grand Chelem, Novak Djokovic a récemment déclaré dans une interview avec Piers Morgan ne pas avoir “souvent ressenti cela en regardant d’autres personnes jouer”. Malmené en début de match, Carlos Alcaraz est au bord du précipice. Il sauve même trois balles de match dans le 4e set avant de recoller à deux manches partout. Après un jeu décisif légendaire de sa part dans le cinquième set, Carlos Alcaraz est couronné pour la deuxième année consécutive dans le tournoi parisien. Jouant au jeu du chat et de la souris pour obtenir la place de n°1 mondial en fin de saison, ils ont dû attendre le dernier tournoi individuel, le Masters, et un nouvel affrontement pour que Alcaraz soit assuré d’occuper cette place.

Des concurrents trop irréguliers pour se rapprocher du Top 2

N°3 mondial, l’Allemand Alexander Zverev termine la saison à plus de 6000 points de Jannik Sinner. Un écart significatif mais pas illogique au vu des résultats du reste du Top 10 cette année. En effet, la concurrence s’est montrée trop irrégulière, notamment en Grand Chelem pour espérer renverser la hiérarchie. Seul Novak Djokovic a empêché une finale Alcaraz-Sinner dans l’un de ces quatre tournois en sortant l’Espagnol en quarts de finale de l’Open d’Australie. À 38 ans, la légende serbe a fait office de principal challenger et en a profité pour remporter son centième titre en carrière, à Genève, en mai. 

Des motifs d’espoir existent tout de même quant à une future remise en question de la hiérarchie mondiale avec la confirmation de certains jeunes tels que l’Américain Ben Shelton ou l’Italien Lorenzo Musetti. Le premier a profité de l’absence de Sinner et d’Alcaraz dans le tournoi de Toronto pour s’offrir son premier Masters 1000. Quant au second, il a fait une partie de saison remarquable sur terre battue allant jusqu’en demi-finale de Roland-Garros. La bonne fin de saison de Félix Auger-Aliassime, canadien et 5eme mondial, est également à souligner. Demi-finaliste à l’US Open et finaliste au Masters 1000 de Paris, il a remonté la pente après un démarrage très compliqué. En conférence de presse, les principaux adversaires de Sinner et Alcaraz sont admiratifs voire même parfois résignés au sujet du niveau de jeu des deux hommes comme le montre l’intervention du russe Daniil Medvedev : “quand [Alcaraz] a ces journées où il ne rate rien — et il en a souvent — il n’y a aucune chance pour nous”. 

Un circuit féminin plus dense et plus disputé 

Habitués à l’hégémonie de deux ou trois joueuses ces dernières années, le niveau du tennis féminin, et principalement du Top 10, s’est montré plus homogène qu’à l’accoutumée. Toujours respectivement n°1 et n°2 mondiales, Aryna Sabalenka et Iga Swiatek ont été contestées au fil de l’année. Dès l’Open d’Australie, l’Américaine Madison Keys s’est imposée après un parcours impressionnant puis à Roland Garros où l’Américaine Coco Gauff a remporté son deuxième Grand Chelem. Il a fallu attendre Wimbledon, le prestigieux tournoi sur gazon en Angleterre, pour voir Iga Swiatek remporter un des quatre “majeurs”, suivie par Aryna Sabalenka à l’US Open en septembre. 

Les tournois WTA 1000, l’équivalent des Masters 1000 chez les hommes, ont été partagés par des profils de joueuses différentes. En remportant Dubaï et Indian Wells, Mirra Andreeva a définitivement éclos aux yeux du grand public lui permettant de finir la saison dans le Top 10 à 18 ans. Le titre de la jeune Canadienne Victoria Mboko, jusque-là inconnue, au WTA 1000 de Montréal est aussi un moment fort de la saison. N°4 mondiale, Amanda Anisimova a également marqué de son empreinte l’année 2025 en atteignant la finale de Wimbledon et de l’US Open et en remportant les WTA 1000 de Doha et de Pékin. Absente des terrains en 2023 pour cause de dépression, l’Américaine réalise une des plus belles remontées au classement cette année. Pour finir, on peut également évoquer la trajectoire d’Elena Rybakina qui, après une première partie de saison compliquée, a enchaîné deux demi-finales à Montréal et Cincinnati avant de remporter le Masters féminin à Riyad contre toute attente. 

Un bilan français entre stars absentes et coups d’éclat inattendus

Au début de la saison, deux joueurs français étaient dans le Top 20 chez les hommes : Arthur Fils et Ugo Humbert. Le premier a confirmé les espoirs placés en lui depuis sa carrière junior en atteignant les quarts de finale des Masters 1000 de Miami, d’Indian Wells et de Monte Carlo, le propulsant à la 14eme place du classement mondial à 20 ans. Malheureusement, après une victoire en cinq manches face à l’Espagnol Jaume Munar au deuxième tour de Roland Garros, il se blesse au niveau du dos. Éloigné des terrains toute la fin de saison, il tente un retour sans succès à Toronto. Il est donc 40eme mondial en cette fin d’année, loin des ambitions auxquelles il pouvait prétendre. Ugo Humbert aussi a dû composer avec des blessures, à la main tout d’abord puis au dos en fin de saison. Souvent diminué, il continue à jouer mais ne retrouve jamais son niveau du début de saison qui lui a permis d’atteindre les huitièmes de finale de l’Open d’Australie et de remporter le tournoi ATP 250 de Marseille. Il termine finalement l’année hors du Top 30.

Malgré ces déceptions majeures, le tennis français a tout de même vibré cette année. L’exemple le plus marquant est évidemment le parcours historique de Loïs Boisson à Roland Garros. 361eme mondiale avant le début du tournoi, elle enchaîne les victoires en sortant notamment deux joueuses du Top 10 : Jessica Pegula et Mirra Andreeva. Supportée par tout un pays, elle finit par s’incliner face à Coco Gauff en demi-finales. Jamais une Française n’avait atteint le dernier carré du tournoi parisien depuis Marion Bartoli en 2011. Elle confirme cet exploit quelques semaines plus tard en remportant le tournoi WTA 250 de Hambourg, montrant une nouvelle fois ses aptitudes exceptionnelles sur la terre battue. Blessée après ce tournoi, on a déjà hâte de la revoir l’an prochain. Quelques mois plus tard, au Masters 1000 de Cincinnati, Terence Atmane s’illustre en atteignant lui aussi les demi-finales. Passé par les qualifications et 136eme avant le tournoi, le Français s‘offre lui aussi deux joueurs du Top 10 : Holger Rune et Taylor Fritz. Il finit par s’incliner logiquement face à Jannik Sinner à une marche de la finale mais son tournoi lui permet d’entrer dans le Top 70.

L’épopée de Shanghaï pour terminer la saison bleue 

Le dernier moment marquant de la saison des Français est aussi beau qu’improbable. En effet, au Masters 1000 de Shanghaï en octobre, Arthur Rinderknech et Valentin Vacherot arrivent sans objectif précis. Les deux joueurs sont cousins et partagent leur passion du tennis depuis leur parcours universitaire aux États Unis. Le premier est français et arrive avec de solides résultats depuis Roland Garros puisqu’il a battu le n°3 mondial Alexander Zverev à Wimbledon ou encore Casper Ruud, membre du Top 15 à Cincinnati. Le second est né en France mais joue sous les couleurs de Monaco où il a passé une partie de sa formation. Hors du Top 200 en arrivant à Shanghai, Valentin Vacherot doit passer par les qualifications et donc disputer deux matchs supplémentaires par rapport aux autres. Les deux cousins obtiennent chacun de leur côté des succès durant les premiers tours. Alors qu’il n’avait obtenu qu’un seul succès dans un tournoi individuel sur le circuit principal avant d’aller à Shanghai, Valentin Vacherot se retrouve propulsé en quarts de finale, tout comme Arthur Rinderknech. Le Monégasque affronte Holger Rune, membre du Top 20, tandis que le Français doit se défaire du récent demi-finaliste de l’US Open Félix Auger-Aliassime pour rejoindre le dernier carré.

L’aventure des deux cousins se poursuit et l’adversité monte encore d’un cran. Vacherot réalise un match parfait pour battre Novak Djokovic tandis que Rinderknech reste solide et concentré pour s’offrir Daniil Medvedev. Malgré une accolade et des larmes lorsque les deux réalisent ce qu’ils sont en train d’accomplir, il faudra les départager en finale. « Une telle chose ne se reproduira plus jamais » a réagi à chaud Arthur Rinderknech. Valentin Vacherot devient le joueur le moins bien classé en finale d’un Masters 1000, preuve d’un exploit incommensurable. Cette finale inattendue démarre bien pour le Français mais il finit par céder et le 204eme joueur mondial, Valentin Vacherot, remporte le tournoi et obtient sa place dans le Top 40. Émus lors de la remise du trophée, les deux hommes ont certainement écrit la plus belle histoire de la saison 2025.

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